Slide background

Plus nous nous élevons et plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler...

Slide background

L’imagination est plus importante que le savoir.

Catégories

STALKER, o la quête de l’humain en « eau lourde ».

Un grand Grande ciné-philo dimanche 13 nov. à 14h20 à l’Entrepôt: « STALKER » d’Andreï Tarkovski (1979)

L’ENTREPOT, 7 rue Francis de Préssensé, Paris 14e (M° Pernety). Entrée au cinéma 8€30 (le débat est libre). Séance présentée et débat animé par Daniel Ramirez

Stalker

Toute vie humaine est un voyage initiatique, elle se présente comme un mystère et un comme un défi, semble nous dire tout l’œuvre de Tarkovski, mais particulièrement Stalker. Un mystère du doute, de la quête, de la recherche d’un espace et un temps qui aient du sens, au-delà du temps de tous les jours et de l’espace banal de réalisations pratiques. C’est pourquoi c’est un cinéma qui prend son temps, qui établit un rythme – Tarkovski parlait de « sculpter le temps » – qui nous prend dans sa temporalité particulière, qui vise une forme de transcendance. Pour en être digne de toute transcendance, il faut être capable d’aller au bout de soi-même, et d’aller au-delà du connu. Il faut défier la peur et les limites de notre entendement, mettre à l’épreuve nos connaissances et notre intelligence, toucher le fond de notre lâcheté et de nos mesquineries.

Le poète du cinéma russe s’est frotté toute sa vie artistique durant à cette mesquinerie qui voulait river l’humain à une idéologie, à un projet totalisant qui était en réalité un réductionnisme : nous ne sommes que cela, matière, chose, bons pour fonctionner, pour être administrés. C’est peut-être pour cela aussi que Tarkovski filme les corps comme en train de fondre dans la matière, principalement l’eau, les murs éventrés, la rouille, la désintégration des choses. Car il s’agit de « l’eau lourde », de la boue ontologique, là où nous sommes embourbés, happés par le poids – de nos corps et de nos misères, de l’enfermement en nous-mêmes, ce que Zarathoustra nomme « le démon de la pesanteur ».

Stalker 2

Le monde actuel, de décennies après, ne semble pas moins enchaîné à se comprendre dans la mutilation, sans une vue de sa destinée, sans une aspiration au supérieur, dépourvu de transcendance. C’est pourquoi, peut-être, pour dépasser ce carcan, il faut s’aventurer dans « la zone », et oser aller à la rencontre de notre propre fond ; tenter de traverser ce lieu énigmatique, qui comme les labyrinthes mythiques transforme les pèlerins, les perdant pour toujours ou les transfigurant, jusqu’à retrouver la « chambre des désirs », la vérité ultime de chacun. Mais aurons-nous le courage, la lucidité ?
Ce film est une longue et profonde question. Un moment privilégié de cinéma métaphysique et un sommet de l’art du XXe siècle. Comme pour les personnages dans leur difficile progression, l’aide d’un guide, d’un passeur, d’un Stalker, en l’occurrence la philosophie, peut nous être précieuse.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *