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Plus nous nous élevons et plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler...

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L’imagination est plus importante que le savoir.

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UN PACTE DE GAUCHE, LE DÉFI HISTORIQUE. Une victoire est possible, c’est donc une responsabilité majeure.

Hamon MelenchonQuoi que l’on dise sur cette campagne présidentielle, elle présente un intérêt majeur : cela fait longtemps qu’il n’y avait pas une « fenêtre de tir » favorable à la victoire d’une vrai gauche. Certes, elle est aussi favorable à une possible victoire de l’extrême droite. Cela peut faire peur, mais la peur est vraiment très mauvaise conseillère en politique, elle justifie les choix timorés et les théories du « moindre mal » : Si pour éviter le triomphe de l’extrême droite il fallait soutenir un candidat social-libéral dont son expérience à la banque est censé palier à son manque total d’expérience d’élu, nous serions dans cette cas de figure détestable, de préférer la peste néolibérale au collera néofasciste.

Aujourd’hui, Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot ont de propositions en grande partie convergentes, et en tout cas compatibles après quelques ajustements et négociations nécessaires dans toute construction d’alliance. S’il y avait une candidature unique PS, FI et EELV, il faut dire et bien l’assumer : cette candidature pourrait très vraisemblablement passer au second tour et ensuite l’emporter face à l’extrême droite.  Ce serait une victoire doublement symbolique et une vague d’espoir, d’enthousiasme et de jeunesse, de créativité et d’invention politique peut-être plus importante même que le moment 1981, puisque nous savons comment il est possible aussi de décevoir ces espoirs et nous serions prévenus. Il faut affirmer et assumer qu’aujourd’hui cette victoire est possible ! La possibilité réelle de victoire donne une dimension supplementaire de responsabilité. Et que ne pas tout faire pour qu’elle se réalise et ne pas être à la hauteur de ce défi c’est prendre une responsabilité que ni le peuple ni l’histoire ne sauraient pardonner. De rien ne servira de culpabiliser l’autre de l’échec des négociations.
Malheureusement, je crois que cette fusion ou alliance n’aura quand même pas lieu, chacun ira de son côté au casse-cou et l’élimination au premier tour sera assurée.
Parce que J-L. Mélenchon est à la tête d’un mouvement dynamique et enthousiaste qui prends de l’ampleur, il a un programme écologiste et de gauche très cohérent et il a fait jusqu’à présent une campagne très brillante, un sans-faute. Comment se désisterait-il au profit du candidat du PS, lui qui a été la bête noire et le pourfendeur de ce parti depuis 14 ans ?
Parce que B. Hamon a pris (même si pas dans la totalité) le leadership du PS qui est une énorme machine à fabriquer des élus locaux et a constituer une majorité de gouvernement (sans laquelle ça ne sert à pas grand-chose de gagner, d’ailleurs), il a vaincu brillamment aux primaires du PS et fédéré autour de lui une série de nouvelles têtes, évinçant les éléphants antédiluviens et provocant une mutation qu’on croyait presque impossible dans ce parti. Comment se désisterait-il au profit de celui qui a critiqué pendant 14 ans la majorité dont il a fait partie, même si son propos est de changer l’orientation de cette gauche-là. Le parti lui tournerait le dos sur le champ.
Et celles-là ne sont que des considérations politiques, ne tenant pas compte de la question des egos, de l’orgueil et de la passion du pouvoir qui opère indiscutablement chez les hommes politiques.
Donc ça ne se fera pas. Fin de l’histoire ?
Peut-être pas. Permettez-moi de montrer que ce n’est pas impossible de débloquer cette situation. Quelles seraient les conditions d’un tel accord que l’on voit s’éloigner comme l’horizon pour le bateau ivre de la République ?
D’abord, l’idéal serait refaire des primaires entre les deux candidats, mais cela n’est plus possible, le temps est trop court. Il faudrait donc au moins qu’il n’y ait pas du coude-à-coude dans les sondages, et que ces sondages soient vraiment crédibles et pas manipulés ni « corrigés » avec des critères douteux. Mais pourquoi serait-ce impossible que des chercheurs en sciences humaines et des instituts vraiment indépendants, des sociologues et mathématiciens s’y penchent sérieusement sur la question et réalisent de vais enquêtes ?
Melenchon, Hamon, Jadot. 2
Ensuite, il faudrait qu’un pacte solennel puisse être suscrit entre les deux candidats majeurs (Y. Jadot apportera de toute façons son env. 3% d’électeurs) selon lequel, si à un mois du premier tour, l’un décroche clairement derrière un autre (par exemple l’un est à 15% et l’autre à 11%, ce deuxième se désiste, le premier prenant l’engagement solennel de le choisir comme premier ministre immédiatement en cas de victoire. La suite de la campagne ce serait conduite par une sorte de tandem comme pour les élections américaines (Président et vice-président).
Comment garantir le respect d’un tel accord ? D’abord l’engagement serait signé par les deux candidats devant les électeurs. Ensuite, une sorte de comité de sages pourrait veiller et surveiller la procédure (composé par des personnalités proches de la gauche et hors de tout soupçon, comme par exemple Edgar Morin, Alain Tourenne, Robert Badinter, Ariane Mnouchkine ; ils fiscaliseraient aussi le processus d’enquêtes préalable).
Comme très probablement, si victoire il y a, il y aurait une assemblée constituante conduisant à une 6e République, ou, en tout état de cause, une réforme de la Constitution conduisant au mandat unique, le premier ministre serait, sauf accident majeur ou échec, le « candidat naturel » au terme de cette mandature.
Voilà. Un accord honorable pour tous.
Alors des millions de personnes, des jeunes, des déçus de la politique, de militants de toujours et des nouveaux se ressembleraient pour donner un élan magnifique à cette campagne éclair, la menant à une victoire éclatante, ce qui changerait fort probablement le rapport de forces en Europe et qui donnerait une lueur d’espoir et d’avenir dans la planète (et de la planète), inversant la tendance à la droitisation du monde, à l’empire des nationalismes hystériques et des autocrates qui s’imposent aujourd’hui.
Une utopie concrète et à notre portée. Il suffit de croire et de l’exiger aux candidats, par de pétitions et de mobilisations citoyennes importantes. Si nous voulons gagner et transformer l’avenir, il faut l’assumer, et je répète : ne pas permettre à l’un comme à l’autre leader actuels de FI et du PS de se défiler de cet accord sous prétexte que c’est l’autre qui ne fait pas assez de concessions. La politique est l’art des consessions, à condition de ne pas oublier qu’elle demande aussi la vertu du courage.

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